Šta je nama naša borba dala? What has our struggle given us? – Crowdfunding campaign

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Partisan women c

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Official history offers limited evidence or data on the great contribution that women of Yugoslavia made in people’s liberation movement during the War World 2.  In fact, more than 100,000 women joined the struggle and actively participated, as soldiers, bombers, ambulance officers, nurses, cooks, couriers,  delegates, political commissars, commanders and party leaders. With war, women entered the public and political scene.

Great sacrifices made by women in 1941 and 1942 motivated the creation of Antifascist Front of Women (AFŽ), which was founded on December 6, 1942 in Bosanski Petrovac. At its founding, president Tito addressed the assembly and welcomed the establishment of the organisation, recognizing women’s bravery and resilient participation in liberation movement. Women have fought side by side with men, for freedom and against fascist occupiers and their domestic servants. Such sacrifices were to be rewarded, women were promised equality, one that they have well earned. Women constituted ten percent of all soldiers in war, 25,000 were killed or died, 40,000 were wounded.

And so it was, in 1945 women were granted with the right to vote and in 1946  rights of women  were inscribed in the new Constitution of the Socialist Federal Republic of Yugoslavia – guaranteeing  equal rights with men in all fields of state, economic and social-political life.

The organisation was at the beginning focused on partisan struggle and greater mobilization of women to join the struggle, but has later on extended its presence and involvement on the public scene. Post-war activities of AFŽ considered renewal of war devastated country, education of women and building loyalty to socialism.  Modernization of women’s lives corresponded to the overall socialist idea by which the degree of one’s civilisation is determined by the condition of women in one’s society.

However, in reality, socialist utopia was far from achieving. Women in rural areas who populated majority of households in Yugoslavia were still discriminated and exploited. Despite their significant contribution in war and post war socialist transformation, they were poor as they were, before the war. New socialist woman was actually very tired, juggling between work, family and housework, volunteering on construction of new roads, etc. She had little time left for political activity.

Antifascist Front of Women was led to self-dismantle in 1953; existence of a separate organisation was allegedly threatening to remove women from political life and lead to an idea that women have to fight against the rest of the society to achieve their rights. At its closure, Tito again addressed women pleading for their enthusiasm to return to those tasks that women are fit for, such as care for mothers and children, health care and education, or any other work that is allowed by women’s physical and other abilities.

Only 91 women were bestowed to national heroes for their merits in war, ten of them were from Bosnia and Herzegovina.

Antifascist Front of Women gave extraordinary contribution to struggles against fascism, women’s equality, but also to freedom and emancipation of Yugoslav society as a whole. What did we lose by its disbandment? How much do we know about it today and what does this knowledge mean to us? What do we do with it?

We want to collect, research, analyse and share information and evidence on the work of Antifascist Front of Women, and present it in a form of a growing online archive.The archive will be comprised of books, magazines, photographs, documents, testimonies, stories, art works and all other material that we come across and produce.

Suggested online archive  ( „W h o s g u?“)  is part of a CRVENA’s ongoing project organized around affirmation of AFŽ heritage. Project started in 2010 and involves series of activities and events, such as art exhibitions, panels, public discussions, artist talks, etc.

PARTNERS

We have been cooperating with the Museum of History in Sarajevo who will grant us with access to library and share all available material. Our intention is to develop such partnerships with other institutions as well, such as are the National Archive, Historical Archives Sarajevo, etc. Likewise we will make special efforts in finding individuals who hold any knowledge or evidence on the achievements of AFŽ and women who stood behind it.

WHY FUND IT

Our intention is to direct the collected amount towards digitalization of the material that exists in institutions, libraries and private collections (scanning, photographing of materials, creating and maintaining website). Majority of the archive is not digitalized and is even threatened to rot  or crumble, due to inadequate conditions it is kept in. Digitalization would enable preservation, but also considerably wider availability of the material for research and educational purposes.


Qu’avons-nous obtenu au moyen de notre combat ?

PARTICIPEZ À LA LUTTE ! Qu’avons-nous obtenu au moyen de notre combat ? Cette question n’est pas posée de manière ironique : elle en représente la réappropriation, elle en représente la continuité.

L’histoire officielle n’offre qu’un témoignage et des données limités en ce qui concerne le grand rôle joué par les femmes yougoslaves au sein du mouvement de libération nationale au cours de la Seconde Guerre mondiale. En effet, plus de 100 000 femmes rejoignirent ce combat pour y participer activement en tant que soldates, pilotes de bombardier, ambulancières, infirmières, cuisinières, coursières, déléguées, commissaires politiques, commandantes et dirigeantes de parti. Par le biais de la guerre, les femmes firent leur entrée sur la scène publique et politique.

Les grands sacrifices effectués par les femmes en 1941 et 1942 ont entraîné la formation du Front antifasciste des femmes yougoslaves (Antifašistička fronta žena ou AFŽ en bosniaque, croate, monténégrin et serbe), fondé le 6 décembre 1942 à Bosanski Petrovac, en Bosnie-Herzégovine. Lors de sa fondation, le président Tito s’est adressé à l’assemblée et a chaleureusement loué la création de l’organisation, reconnaissant le courage des femmes et leur infatigable participation au mouvement de libération. Aux côtés des hommes, les femmes ont combattu pour la liberté contre l’occupation fasciste et les gouvernements au service de cette dernière. De tels sacrifices devant être récompensés, on promit aux femmes l’égalité bien méritée. Les femmes représentaient 10 % de l’ensemble des soldats ayant participé à la guerre ; 25 000 d’entre elles ont été tuées ou sont décédées, tandis que 40 000 autres ont été blessées.

Sur cette lancée, le droit de vote fut accordé aux femmes en 1945, puis, en 1946, les droits des femmes furent inscrits dans la nouvelle Constitution de la République fédérative socialiste de Yougoslavie, leur garantissant une égalité de droits avec les hommes dans tous les domaines de l’État, de l’économie et de la vie sociale et politique.

Au début, l’organisation était axée sur la lutte antifasciste et l’intensification de la mobilisation des femmes dans ce combat, mais elle a par la suite étendu sa présence et son engagement à la scène publique. Après la guerre, les activités de l’AFŽ englobaient la reconstruction des pays dévastés par la guerre, l’éducation des femmes et le renforcement de la loyauté envers l’idéologie socialiste. La modernisation de la vie des femmes correspondait à l’idéal socialiste global qui voulait que la condition des femmes d’une société détermine le degré de civilisation de cette dernière.

Cependant, en réalité, l’utopie socialiste était loin d’être une réalité. Les femmes des zones rurales qui représentaient la majorité des foyers yougoslaves étaient toujours l’objet de discrimination et d’exploitation. En dépit de leur contribution substantielle lors de la guerre et de la mue socialiste d’après-guerre, elles étaient toujours aussi pauvres qu’elles ne l’étaient avant la guerre. La nouvelle femme socialiste était fatiguée, jonglant sans cesse entre son travail, sa famille, les tâches ménagères, le travail bénévole de construction de nouvelles routes, etc. Il ne lui restait que peu de temps à consacrer à ses activités politiques.

Le Front antifasciste des femmes yougoslaves a été amené à s’auto-dissoudre en 1953 : l’existence d’une organisation distincte présentait soi-disant un danger d’exclure les femmes de la vie politique et supposait la nécessité pour les femmes de combattre le reste de la société afin d’obtenir des droits égaux. Lors de la cérémonie de clôture, Tito s’est à nouveau adressé aux femmes, les priant de retourner avec enthousiasme aux tâches pour lesquelles elles sont compétentes, tel que s’occuper de leur mère ou de leurs enfants, les soins de santé et l’éducation, ou tout autre travail que leur capacités physiques et autres leur permettent d’effectuer.

Seules 91 femmes, dont dix originaires de Bosnie-Herzégovine, se sont vues accorder le statut d’héroïne nationale pour leurs exploits en temps de guerre.

PROJET

Le Front antifasciste des femmes yougoslaves a effectué une contribution extraordinaire dans le cadre du combat contre le fascisme et pour l’égalité des sexes, mais également pour la liberté et l’émancipation de la société yougoslave dans son ensemble. Qu’avons-nous perdu lors de sa dissolution ? Que savons-nous de l’AFŽ aujourd’hui ? Qu’est-ce ce savoir signifie pour nous et qu’en faisons-nous ?

Nous voulons recueillir, analyser, effectuer des recherches sur et diffuser des informations et témoignages sur le travail effectué par le Front antifasciste des femmes yougoslaves, qui seront présentés sous la forme d’une archive en ligne en constante évolution. Cette archive comprendra des livres, des magazines, des photographies, des documents, des témoignages, des récits, des œuvres d’art et tout autre matériau que nous aurons recueilli ou produit.

L’archive en ligne prévue (nommée « W h o s g u? » pour « What has our struggle given us? », Qu’avons-nous obtenu au moyen de notre lutte ?) s’inscrit dans le projet en cours de l’association CRVENA visant à consolider l’héritage de l’AFŽ. Ce projet a commencé en 2010 et comprend une série d’activités et évènements, tels que des expositions, des tables rondes, des discussions publiques, des rencontres avec des artistes, etc.

PARTENAIRES

Nous coopérons avec le Musée d’histoire de Sarajevo, qui nous donnera accès à sa bibliothèque et à tous les documents disponibles. Nous avons l’intention de développer des partenariats similaires avec d’autres institutions, telles que les Archives nationales, les Archives historiques de Sarajevo, etc. De la même manière, nous entendons effectuer des efforts particuliers afin de retrouver les individus pouvant contribuer, par leur savoir ou leurs documents, à notre archive sur le travail de l’AFŽ et des femmes qui en faisaient partie.

À quoi servira la collecte ?

Nous avons l’intention de consacrer le montant recueilli à la numérisation des documents existants dans les institutions, bibliothèques et collections privées (scannage et photographie des documents, création et maintenance d’un site Web). Non seulement une majorité de documents d’archives ne sont pas numérisés, mais ils sont même en danger de pourrir ou de s’effriter en raison des conditions inadaptées dans lesquelles ils sont conservés. La numérisation permettrait de préserver ces documents, mais également de les rendre considérablement plus accessibles à des fins de recherche et d’éducation.

Translation to French by our supporter Clémentine Choubrac,